Bla bla ou pratique ?

Du blog de Mathieu Ricard

Le développement personnel : pour qui ?

De nos jours, on parle de plus en plus de « développement personnel », une expression que l’on met à toutes les sauces et qui est devenu une sorte de fourre-tout dans lequel on range indistinctement des recettes en sept points pour devenir séduisant et heureux en une semaine, et des écrits qui visent à éclairer notre lanterne pour nous permettre de devenir de meilleurs êtres humains — écrits fondés sur des méthodes ancrées non pas dans la fantaisie du moment mais dans des traditions de sagesse qui ont été pratiquées pendant des millénaires par des personnes qui y consacraient une bonne partie de leur existence.

Quand on parle aujourd’hui de développement personnel, il s’agit trop souvent de suggérer des changements cosmétiques qui visent davantage à pomponner notre narcissisme qu’à éradiquer nos défauts et à dissiper les brumes notre confusion mentale.

La transformation de soi-même, telle que l’ont conçue les sagesses du monde, qu’elles soient d’origine religieuses, spirituelles, ou humanistes, n’a pas pour but de flatter l’ego ou de lui apprendre à mieux réaliser ses caprices, mais de nous aider à devenir graduellement un meilleur être humain à la sueur de notre front. Cette affirmation peut paraître pompeuse, mais en vérité le but de la transformation personnelle est bien d’éradiquer l’animosité, l’attachement obsessionnel, le manque de discernement, l’arrogance, la jalousie et autres toxines mentales qui perturbent notre existence et celle des autres. Ce n’est pas une mince affaire.

Ce n’est donc ni une entreprise à court terme, ni une approche égocentrée, ni une dérobade qui nous apprenne à apprécier nos défauts pour s’épargner l’effort d’y remédier.

Plus que tout, il faut se demander quel sera le bénéficiaire de ce « développement personnel ». S’il s’agit uniquement de soi-même, c’est une totale perte de temps. La transformation de soi n’a de sens que si elle nous permet, par voie de conséquence, de mieux nous mettre au service des autres. Développement personnel sans bonté n’est que la construction de la tour d’ivoire de l’égocentrisme. Méditation sans bienveillance revient à passer quelques moments tranquilles dans la bulle de l’ego.

La transformation personnelle doit nous permettre de passer de la confusion à la connaissance, de l’asservissement à la liberté intérieure. Son but est l’accomplissement du bien d’autrui. Un enseignement bouddhiste ne dit-il pas : « Ce qui n’est pas fait pour le bien d’autrui, ne mérite pas d’être entrepris. » À bon entendeur, salut !

— Ces quelques réflexions nous sont venues à l’esprit à l’occasion de la parution de « Trois amis en quête de sagesse » , le fruit de l’amitié entre Christophe André, Alexandre Jollien et moi-même. Allary Éditons et L’Iconoclaste.

Dev Persl Tof

Cercle de Pardon à Crest par Christine Gaymard

Bonjour à chacune et à chacun,
 Tout d’abord je vous présente mes meilleurs voeux pour cette année 2016, puissent nos coeurs chanter et le monde être ré-enchanté !!!
Afin d’y contribuer, j’ai la joie de vous informer que j’animerai un premier Cercle de Pardon dimanche 17 janvier 2016, de 10h à 13h,
 à la salle Synergie, 107 rue des Auberts, à Crest. Tarif 15 euros Réservation au 06 79 07 01 62
 Au plaisir de nous y retrouver si le coeur vous en dit.Chaleureusement,
 Christine
  Cercle de Pardon
 Guérir le cœur
 Le Cercle de Pardon est un rituel basé sur l’expérience qu’a fait vivre Don Miguel Ruiz (Auteur des Quatre Accords Toltèques) à Olivier Clerc à Teotihuacan au Mexique, en 1999.
  Ce rituel permet de contribuer à libérer notre coeur de l’amertume, des ressentiments, du jugement ou de haine, qui ont pu s’accumuler autour de lui au fil des ans, réduisant notre capacité à aimer.
 Nous donnant accès à un pardon sans culpabilité et sans humiliation, il nous permet de lâcher prise en profondeur, et ainsi de restaurer notre liberté d’esprit et de coeur.
 D’où vient la force de ce rituel ?
 Le chemin proposé est de demander pardon, et non de pardonner. Pourquoi demander pardon lorsque l’on a été victime ou blessé ? Derrière ce paradoxe, il y a une clé géniale. Je ne demande pas pardon pour ce que l’autre m’a fait : de toute évidence, c’est son entière responsabilité. Je demande pardon pour la façon dont moi j’ai utilisé ce qui m’a été fait comme prétexte pour garder mon coeur fermé depuis ce temps là, pour cultiver indéfiniment, plus ou moins consciemment, rancune et ressentiments. Ce faisant, quelque chose lâche prise en moi, je me libère, je retrouve ma responsabilité et mon emprise sur mon propre coeur.
  Ce rituel nous permet d’expérimenter un processus transpersonnel très puissant qui favorise l’ouverture et la guérison du cœur dont nous avons tant besoin pour vivre la vie à laquelle nous aspirons.
 Ayant moi-même été formée par Olivier Clerc, je transmets à mon tour cette cérémonie et me réjouis de partager ce moment avec vous.
 Christine Gaymard, psychothérapeute, énergéticienne.Animatrice certifiée de Cercle de Pardon. Membre de l’Association Pardon International

« L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux. »

« L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux. »
DostoIevski
Notre esprit est à ce point partial que lorsque nous considérons le sort des autres c’est surtout pour voir ce qu’ils ont, et lorsque nous considérons notre propre sort, c’est surtout pour nous plaindre de ce qui nous manque. Ce point de vue est probablement la plus sûre manière de congédier le bonheur pour longtemps ! Pour être heureux, il faudrait en inverser les termes : considérer ce qui manque aux autres, et y accorder de l’attention, de la compassion ou un esprit de service ; et considérer d’abord ce que nous avons, et trouver là une source de contentement intarissable. Montesquieu avait émis cette ambition démesurée de “convaincre les hommes du bonheur qu’ils ignorent, lors même qu’ils en jouissent”. Faites l’expérience, jusque dans les choses de votre quotidien qui vous paraissent parfaitement banales et qui peuvent être revisitées sous l’angle du privilège : au moment même où vous passez à table, songez que des millions de personnes ne connaissent pas ce moment; quand vous allumez une lumière, songez qu’en ce début de XXI° siècle, la moitié de la population indienne vit sans connaître l’électricité ! N’y voyez pas là un prétexte à culpabilité, mais bien plutôt un éveil salutaire de la conscience et une redécouverte de ce qu’est le bonheur véritable.
François Garagnon
Auteur du best-seller « Jade et les sacrés mystères de la vie »
Dernier livre paru : « Tout ce qui est séparé du divin est vain »
Tous les livres de François Garagnon sont disponibles sur le site www.montecristo-editions.com

Retrouvez les Pensées revigorantes dans le CALENDRIER DES JOURS HEUREUX, et les livres LES PENSÉES REVIGORANTES, vol. 1 et 2 (réunis aussi en coffret). En vente sur notre site… Mieux qu’une cure de vitamines : une pensée revigorante chaque jour de l’année !

Du dépassement, encore et encore

Mendiant d’Amour

Remettez des couleurs dans votre vie

Vivre en Théorie

Sur l’éducation par Marguerite Yourcenar

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire. Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil. On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir. On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; ils apprendraient à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts. On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays. En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés. On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs. Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. » 

 
 Les yeux ouverts (1980)
 Marguerite Yourcenar

de Saint Augustin

Bien tard je t’ai aimée,
ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses que tu as faites,
pauvre disgracié, je me ruais !
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

Quand j’aurai adhéré à toi de tout moi-même,
nulle part il n’y aura pour moi douleur et labeur,
et vivante sera ma vie toute pleine de toi.
Mais maintenant, puisque tu allèges celui que tu remplis,
n’étant pas rempli de toi je suis un poids pour moi.
Il y a lutte entre mes joies dignes de larmes
et les tristesses dignes de joie ;
et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.
Il y a lutte entre mes tristesses mauvaises
et les bonnes joies ;
et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.
Ah ! malheureux ! Seigneur, aie pitié de moi.
Ah ! malheureux ! voici mes blessures, je ne les cache pas :
tu es médecin, je suis malade ;
tu es miséricorde, je suis misère.
N’est-elle pas une épreuve, la vie humaine sur la terre ? […]
Et mon espérance est tout entière uniquement
dans la grandeur immense de ta miséricorde.
Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux. […]
Ô amour qui toujours brûles et jamais ne t’éteins,
ô charité, mon Dieu, embrase-moi !

St Augustin, Confessions, X, 27, 38-29, 40
BA 14, p. 209-213.